vendredi 24 août 2007

Sur les traces de Sophie Calle





Paris, Centre Pompidou et errances dans le Marais, le 22 août 2007









Il y a quinze ans, Paul Auster, un de mes écrivains favoris, publiait Leviathan, peut-être son meilleur opus après Moon Palace, à mon avis.



En 2003, j'avais déniché cet exemplaire d'occasion dans une petite librairie américaine que je fréquente régulièrement, San Francisco Books, dans le Quartier Latin. En l'ouvrant, j'y avais trouvé ça :









Le talon d'un billet d'avion pour un vol de Los Angeles à Papeete, au nom de BEHR. Je me mis en tête de retrouver cette personne.


Une amie, dont la mère travaillait autrefois comme hôtesse de l'air, mit sa science à mon service; à son avis le billet datait d'au moins dix ans. Ca n'allait pas être facile.


En feuilletant l'annuaire, je trouvai plusieurs BEHR habitant le 5e arrondissement. J'appelai et je ne tombai jamais sur personne. Cet absence étonnante me laissa penser que le destin ne voulait pas que cette personne fût retrouvée. Ou alors, c'était de la paresse pure et simple de ma part.






Quoiqu'il en soit, je vous raconte tout cela car il s'agit en fait d'un véritable jeu de correspondance et bien sûr, une curieuse comme moi ne pouvait pas y rester insensible : Leviathan met notamment en scène un séduisant personnage inspiré par l'artiste Sophie Calle, la photographe Maria.







Comme Sophie Calle, Maria utilise sa propre vie comme matériau premier de son oeuvre. Bien sûr, Maria comme Sophie provoquent certaines expériences. Par exemple, Sophie Calle, ayant trouvé par hasard un carnet d'adresses, contacta toutes les personnes dont les coordonnées y étaient notées afin qu'elles lui parlent du propriétaire du carnet.




En cherchant à joindre la personne nommée BEHR, dont une infime trace de vie avait été aperçue entre les pages d'un exemplaire de Leviathan, j'agissais, sans le savoir à l'époque, à la manière de Sophie Calle ou de Maria.





Or, aujourd'hui, une personne qui m'est chère m'a offert Double Jeux, un coffret de petits livres colorés contenant plusieurs des plus excitantes expériences de Sophie Calle.






Et soudain, tout le jeu des correspondances s'est mis en marche dans ma tête...


Alors, Monsieur, Madame ou Mademoiselle BEHR...






Si jamais vous lisez ces mots, sachez que nous nous rencontrerons un jour...



Et vous, l'auteur de ce très beau cadeau...



Je vous offre cette photo, car je sais qu'elle vous parlera (puisque Sophie Calle y est blonde et qu'elle jette un oeil endormi sur un ange).




PS : Et si Sophie Calle me fait l'honneur de lire ces mots, j'espère qu'elle me fera le très grand plaisir d'être ma prochaine victime.




10 commentaires:

Kim Schwarck a dit…

Une fois de plus ma belle, tu fais preuve de beaucoup de créativité, d'un talent fou, de tendresse et de sensibilité! Cette histoire est trop mignonne et toute jolie! Ce bout de billet d'avion retrouvé c'est totalement surréaliste! J'adore! Mille Bravo meine kleine boulette!

Anonyme a dit…

Très chouette! biz
Roxane

Anonyme a dit…

L'ange passe,
il vous encourage encore pour ce travaille qu’il dévore dès que il le peut.

encore !!

Flo a dit…

Au-delà du lien avec "Léviathan", je trouve que ta démarche est très "austérienne" !! Encore un chouette billet :)

Seb a dit…

je ne sais même pas comment je suis arrivé sur ton blog... enfin ,si! je n'y suis que depuis 2 minutes mais j'ai eu le temps d'être agréablement surpris. J'aime beaucoup Auster, j'aime beaucoup ta démarche. J'aurais aimé être Monsieur Behr... Si un jour, tu tombes sur un goulasch aux bigorneaux, peut-être aurons-nous le plaisir de nous rencontrer.
Ciao
Sébastien

Seb a dit…

je ne sais même pas comment je suis arrivé sur ton blog... enfin ,si! je n'y suis que depuis 2 minutes mais j'ai eu le temps d'être agréablement surpris. J'aime beaucoup Auster, j'aime beaucoup ta démarche. J'aurais aimé être Monsieur Behr. Si un jour, tu tombes sur un goulasch aux bigorneaux, peut-être aurons-nous le plaisir de nous croiser ;)
Ciao
Sébastien

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je tombe par hasard sur ce blog... et je m'appelle BEHR !
Je n'ai malheureusement jamais eu la chance de voyager de San Francisco à Papeete, mais une partie de ma famille vit dans le quartier latin - et je sais qu'il y a aussi pas mal de Behr outre-Atlantique.

Merci pour ces jolies correspondances (aux deux sens du terme). Vivant dans les livres, je découvre avec plaisir ces billets.

Sophie Behr

Magda a dit…

Chère Sophie Behr! Ça alors! C'est vraiment extraordinaire. Ne pourriez-vous demander autour de vous si quelqu'un de votre famille s'est rendu à Papeete? Ce serait extraordinaire. J'espère avoir de vos nouvelles bientôt. Merci d'être venue ici!

Anonyme a dit…

Je lance l'enquête !

Anonyme a dit…

besoin de verifier:)